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14:10 | 29.04.2015

πηγή: humanite

International

Tassos Koronakis : « Nous refusons la poursuite des programmes d’austérité »

Pour Tassos Koronakis, nouveau secrétaire général de la formation du premier ministre, l’intransigeance des créanciers de la Grèce s’explique par la crainte de voir d’autres peuples d’Europe contester les politiques de rigueur.


Athènes (Grèce), envoyée spéciale.

Plusieurs sondages parus ces derniers jours dans la presse grecque indiquent une fragilisation du soutien populaire à Syriza. Craignez-vous les effets de la stratégie de pourrissement choisie par les institutions européennes et le Fonds monétaire international ?

Tassos Koronakis Au lendemain des élections, le gouvernement a bénéficié d’un soutien populaire extraordinaire. Les Grecs avaient pour la première fois le sentiment que le gouvernement se tenait de leur côté. Alors les négociations s’éternisent, nous avons la responsabilité d’entretenir et de renforcer cette relation de confiance avec le peuple. Syriza doit rester à l’écoute de la société, informer les citoyens.

Le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, affirme que le scénario d’une sortie de l’euro ne relève pas du bluff en cas d’échec des négociations. L’idée de « Grexit » fait-elle son chemin ?

Tassos Koronakis Après le discours de ­politique générale du premier ministre, Yanis Varoufakis a prévenu : lorsqu’on entre dans une négociation de cette nature, on doit se préparer au pire. Nous travaillons d’arrache-pied, depuis le début, pour dégager une solution ­mutuellement acceptable. Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation. Mais nous refusons la poursuite des programmes d’austérité qui ont plongé le pays dans une crise humanitaire. Nous tiendrons à la lettre nos engagements et nos obligations envers le peuple grec.

La nature démocratique du projet européen est-elle en jeu avec la question grecque ?

Tassos Koronakis Quelle Europe voulons-nous dessiner ? C’est le cœur du problème. De notre côté, nous avançons des propositions de sortie de crise qui permettraient de retrouver le chemin d’une construction démocratique. Nos interlocuteurs jugent « incomplète » la liste de réformes établie par le gouvernement grec. Mais en réalité, cette liste ne leur convient pas pour des raisons politiques. C’est donc bien la question démocratique qui est posée.

Les mouvements populaires contestant les politiques d’austérité restent sporadiques en Europe. Est-ce un obstacle pour vous ?

Tassos Koronakis Si nos interlocuteurs se montrent si durs avec nous dans les négociations, c’est parce que la Grèce remet en cause les politiques qu’ils imposent partout en Europe. Ils redoutent de voir d’autres peuples contester à leur tour les dogmes du néolibéralisme. De vraies possibilités s’ouvrent pour faire grandir ce mouvement antiaustérité, en Espagne, en Italie, en France. Dans une récente étude d’opinion, en Autriche, 25 % des sondés ont répondu qu’ils seraient prêts à voter pour une formation politique comme Syriza.

Vous attendez beaucoup des élections ­espagnoles, à l’automne. Pourtant, la ­démarche de Podemos, qui rejette le clivage entre gauche et droite, est bien différente de la posture de Syriza, qui se définit comme un parti de gauche radicale…

Tassos Koronakis Une victoire de Podemos en Espagne offrirait à toute l’Europe une respiration salutaire. Le clivage entre gauche et droite, tel qu’on le concevait traditionnellement, n’est plus opérant. Ce qui compte, désormais, c’est le positionnement face au néolibéralisme, qui entretient une crise destructrice pour les peuples. Syriza est l’union de courants politiques différents et d’esprits indépendants. Ce parti réunit la gauche ­radicale, mais aussi des écologistes, des militants venus de la social-démocratie. Nous voulons construire un front très large pour contester les choix néolibéraux, donner corps à une Europe démocratique et sociale.

Syriza est le théâtre de débats très rudes en ce moment. L’expérience du pouvoir peut-elle menacer la cohésion du parti ?

Tassos Koronakis Ces tensions ne sont pas surprenantes pour qui connaît notre culture de débat démocratique. La confrontation était d’ailleurs bien plus rude lorsque nous étions à 4 % ! Nous sommes très conscients des responsabilités qui pèsent sur nos épaules. Il n’est pas question d’étouffer le débat interne sur le contenu des politiques suivies par le gouvernement. Nous encourageons au contraire la discussion démocratique pour soutenir le gouvernement, faire grandir le mouvement populaire et dégager des réponses permettant de sortir le pays de cette grave crise.

La Grèce est confrontée à l’afflux de réfugiés fuyant les guerres au Moyen-Orient. Que pensez-vous des conclusions du dernier Conseil européen sur cette crise ?

Tassos Koronakis L’Europe forteresse rejette le problème à sa périphérie, en exerçant une grande pression sur ses pays frontaliers. Elle évite soigneusement de s’interroger sur les raisons pour lesquelles ces réfugiés fuient leurs pays. Nous ne pouvons pourtant pas échapper à une discussion sérieuse sur la responsabilité de l’Europe dans le chaos qui règne en Syrie, en Libye, en Irak.

Un profil eurocritique et progressiste

Tassos Koronakis a été élu secrétaire général de Syriza le 1er?mars. ?Proche du premier ministre ?Alexis Tsipras, il lui avait déjà succédé ?en 2003, à la tête de la jeunesse ?de Synaspismos, la coalition de la gauche radicale. Formé dans le mouvement altermondialiste, il a pris une part ?active à la création du Forum social ?grec au tournant des années 2000. ?Pro-européen convaincu, ce militant ?fut, à la fin des années 1990, ?l’une des chevilles ouvrières ?d’Endyl, un réseau européen ?de jeunes progressistes engagés ?pour une réorientation sociale ?de la construction européenne.

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